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Tunisie: Béji Caïd Essebsi nous fait chanter, encore?
TUNIS – Pourquoi l’ex-premier ministre du gouvernement de transition tunisien, Béji Caïd Essebsi, avait-il choisi ce moment précis, presque au dernier jour de son passage à la Kasbah, pour relancer le débat sur l’extradition de l’ancien président tunisien Ben Ali?
C’est la question que tout le monde posait à la suite de la réception de Ali Ben Salah Ben Hadid, spécialiste en droit international et ancien diplomate, afin de discuter et examiner les moyens pour l’extradition de Ben Ali et de lui faire subir un procès équitable.
Pourtant, tout ce beau monde sait pertinemment que l’Arabie Saoudite ne délivrerait jamais Ben Ali sachant tout d’abord qu’il risquerait la peine capitale, avec ou sans procès équitable, mais aussi, pour d’autres raisons politiques et obscures que seulement les Saoudiens connaissent.
Alors pourquoi tout juste maintenant, surtout que l’extradition de Ben Ali a été au coeur de tous les débats depuis le 14 janvier dernier déjà?
Tout le monde sait la relation tendue qui a toujours caractérisé les rapports entre Béji Caïd Essebsi et les islamistes en général et avec Ennahda en particulier. La mise à l’écart de Caïd Essebsi et de tous ses ministres par la Troïka n’aurait pas aidé, bien au contraire.
Dès l’annonce de le démission collective du gouvernement, les membres de ce gouvernement se sont vite lavés les mains et leurs sorties médiatiques et largement médiatisées et même celles du gouverneur de la BCT, Mustpaha Kamel Ennabli, mais aussi des organisations patronales et autres associations, se sont multipliés décrétant l’état d’urgence et annonçant la situation «catastrophique» du pays, une sorte de chantage économique et sécuritaire, comme si la Troïka serait la cause de ce bilan plus que catastrophique du gouvernement de Caid Essebsi. Comme si ce dernier voulait, pour des raisons et des calculs politiques un peu morbide, tout mettre sur le dos du prochain gouvernement de coalition et lui imputer son échec alors que le nouveau gouvernement n’a même pas encore vu le jour jusqu’à l’écriture de cet article.
On se souvient que la semaine dernière, le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, avait déclaré que nos relations avec l’Arabie Saoudite sont beaucoup plus importantes que le rapatriement de Ben Ali. La dernière sortie de Caïd Essebsi serait elle la suite de cette même logique de petits calculs politiques de quelqu’un qui s’obstine à chercher un mince fil d’espoir auquel pouvait encore s’accrocher?
Il n’est cependant pas sûr que Hamadi Jebali serait ravi d’accepter ce beau «cadeau empoisonné» et de laisser Béji Caïd Essebsi continuer encore à jouer aux troubles fêtes pour longtemps.
H.A. et TAP
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Béji Caïd Essebsi brille par son absence à Sidi Bouzid
SIDI BOUZID – Le premier ministre sortant et démissionnaire du gouvernement tunisien, Béji Caïd Essebsi, a brillé par son absence lors des premières festivités du déclenchement du printemps arabe ce samedi 17 décembre, tout comme l’ancien président intérimaire Foued Mebazaa.
À noter qu’en plus du président tunisien Moncef Marzouki, du chef du gouvernement Hammadi Jebali et du président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar ainsi que d’autres personnalités politiques indépendantes, presque tous les chefs des partis, autant ceux au pouvoir que ceux de l’opposition étaient tous au rendez vous.
Certains observateurs attribueraient cette absence ou ce manque d’intérêt manifeste pour d’autres pour cet événement, par la non implication du premier ministre sortant sur le terrain dans les régions intérieures surtout celles défavorisées dont surtout Sidi Bouzi, et ce, depuis sa désignation à la tête du gouvernement au mois de mars dernier.
Avec la multiplication des sit-ins et des revendications à caractère social surtout émanant principalement de l’intérieur du pays et particulièrement des régions qui ont très largement souffert de la politique de l’exclusion et de la marginalisation, Caïd Essebsi, n’avait jamais eu la force nécessaire non plus le courage pour y faire face et s’est contenté à gérer les affaires depuis son bureau à la Kasba en multipliant les rencontres sécuritaires avec ses deux ministres, celui de l’Intérieur et de la Défense. Tout comme recevoir les dignitaires dans le confort de son salon un peu pour préserver le prestige de l’état comme il aime si bien de nous le faire rappeler à chaque fois.
Un prestige qui trouve tout son sens lorsqu’on s’approche de son bureau au moment d’investir la place à l’occasion de Kasba 3, mais perd tout son sens devant les sits-in de la CPG (Compagnie de phosphate de Gafsa) et du port de Gabès qui nous coûtaient et qui nous coûtent encore des milliers de dinars chaque jour en raison de l’impossibilité d’extraire le phosphate et de l’exporter.
Les visites sur le terrain du premier ministre sortant Caïd Essebsi se sont limitées à trois visites à l’intérieur du pays durant son «règne». Une première visite à Monastir pour commémorer l’anniversaire de la mort de l’ancien président tunisien Habib Bourguiba, une autre visite furtive à Kairouan et une dernière à Sfax où il avait eu droit au fameux «dégage !».
D’un autre côté, il n’a toutefois pas manqué de faire la navette entre Tunis (sic) et l’étranger pour «vendre» la révolution et quémander au risque d’hypothéquer l’économie du pays, alors que le pays à l’intérieur bouillonnait et que la population avait plus besoin de recevoir des messages d’apaisement et d’assurance au lieu de la traiter de «sauvage» à la suite des événements de Métlaoui et de Siliana.
Avec une telle attitude et surtout lorsqu’on sait que Caïd Essebsi est considéré comme un des acteurs de l’ancien régime et surtout celui de Bourguiba, ce régime qui avait mis le pays en coupe et qui avait marginalisé les zones de l’intérieur, il n’était pas sûr que Sidi Bouzid lui réserve un accueil des plus chaleureux.
H.A.
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